Comment nous en sommes arrivés là :

Nous avons déjà brièvement évoqué le rôle de la ferme de Villeroux dans l’histoire de l’aérodrome, jusqu’à ce que l’aéro-club intègre ses nouveaux locaux dans les années soixante. Nous allons revenir à cette période, mais auparavant, comme toujours en France, un peu d’histoire :

Nous avons jusqu’à présent réussi à remonter le temps et les archives jusqu’en l’an 1670, donc sous le règne de Louis XIV, où la ferme est citée dans un acte notarié sous la dénomination de « Métairie du petit Villeroux ». Au début du XIX° siècle, la ferme était la propriété du Marquis de la Saussaye, membre de l’Institut de France et Président du Conseil Général du Loir et Cher. Elle a toujours été exploitée soit en métairie, soit en fermage. Nous ignorons de quelle époque datent les constructions. Le bâtiment principal, la grange et la bergerie figurent sur le plan cadastral établi en 1812. Des photos et plans datant de 1922 montrent que la ferme était à cette époque complètement fermée sur une cour intérieure (le petit terrain de camping actuel) par des bâtiments accolés les uns aux autres et dont la grange et le bâtiment principal sont les seuls survivants. Derrière le bâtiment principal se trouvait un petit étang qui a été comblé, puis récemment reconstitué. La ferme de Villeroux était jusqu’à son expropriation en 1937 une des plus belles des alentours : environ 130 hectares, 11 chevaux, quelques 30 vaches et 270 moutons. Elle était exploitée en fermage par la famille Hardillier.

La Grande Salle, récemment entièrement rénovée était alors une écurie. Elle fut transformée en deux pièces habitables, comme en témoignent les deux cheminées, puis remise en une seule unité, telle que nous la connaissons actuellement. La bergerie, qui se trouvait à l’arrière du petit camping a été détruite en 1988 par suite des risques d’écroulement.

Pour l’anecdote : Lorsque vous décollez sur la piste 03, vous apercevez sur la droite le très beau château de Fréchines. Au XVIII° siècle, il était la propriété du Vicomte de Lavoisier, le célèbre chimiste qui le premier réalisa l’analyse de l’air. La République naissante accorda malencontreusement plus d’importance à son titre de fermier général qu’à ses talents de chimiste et le fit monter à l’échafaud sans grande forme de procès le matin du 8 Mai 1794.

Mais, revenons plutôt au présent :

Après le déménagement de l’aéro-club dans ses nouveaux locaux, pendant les années 60, la Ferme de Villeroux ne servit plus qu’à héberger des stages de jeunesse et des vélivoles de passage pendant les vacances. A cette époque déjà, la population était très européenne : En été se rencontraient ici les allemands de Viersen, de Oldenbourg et d’Aix la Chapelle, des belges d’Anvers, ainsi que des hollandais et même des danois. Le club de Viersen fit plusieurs fois le voyage avec son treuil. Celui d’Oldenbourg amenait son avion remorqueur. Toute cette jeunesse habitait la ferme où régnait une ambiance joyeuse et parfois humide. Une cuisine existait, avec la grande tablée des repas du soir et des lits de camp étaient installés dans la Grande Salle. Dire que les sanitaires étaient primitifs relève de l’euphémisme...

Vers le milieu des années 70, tout devint plus calme. Le temps arriva où l’aéro-club commença à recruter ses membres non plus dans les environs immédiats, mais vers les villes de Tours et de Paris. Les nouveaux membres désiraient passer les week-ends sur place. La ferme fut donc tout naturellement l’endroit où tentes et caravanes furent installées. C’est en ce temps que s’est formée la petite équipe qui encore aujourd’hui anime et entretient la Ferme de Villeroux.

Même en France, il est impossible d’utiliser éternellement de la sorte des locaux appartenant à l’Etat, sans que celui-ci tôt ou tard en prenne conscience ! Les autorités cherchèrent donc à clarifier le statut et de l’aérodrome et des ses occupants. A cette époque, la partie où se trouve la ferme de Villeroux était encore un terrain militaire. Interrogée sur ses intentions, l’Armée de l’Air renonça à son lopin de terre, ce qui permit d’incorporer la ferme dans le concept général de l’aérodrome, désormais géré par un syndicat mixte formé par les villes de Blois, de Vendôme, la Chambre de Commerce du Loir et Cher et le Conseil Général du département.

Interrogé par le syndicat mixte sur ses intentions au sujet de la Ferme de Villeroux, l’aéro-club répondit qu’il n’était pas intéressé à conserver et donc entretenir ces locaux, de sorte que les occupants furent incités à créer une association loi de 1901, afin qu’une personne morale de droit soit enregistrée comme locataire dans une convention appropriée. C’est ainsi qu’est née l’A.A.V.L.L., avec comme objet d’accueillir en été des vélivoles de tous les pays d’Europe sur le site.

Les autorités de tutelle, légitimement intéressées à mettre la région en valeur, souscrirent à ce projet et en 1995 des travaux de préservation au toit, aux murs ainsi qu’à l’installation électrique et à l’adduction d’eau furent effectués. Simultanément, la construction de sanitaires modernes et propres fut rendue possible grâce à une subvention du Conseil Général du Loir et Cher, que nous remercions au passage. Cette heureuse initiative fut la base du développement de notre activité, car elle nous permit désormais d’accueillir nos hôtes dans des conditions de confort et d’hygiène d’un excellent niveau. En 2006, conformément à la nouvelle loi sur l'aménagement du territoire, la propriété de l'aérdrome du Breuil a été transférée de l'Etat au Conseil Général du Loir et Cher, lequel poursuit la gestion des installations par l'intermédiaire du même Syndicat Mixte. L’avenir est donc assuré, sur des bases saines et avec un statut clarifié. Une nouvelle convention avec notre association vient d'être établie et sera valable jusqu'à fin 2009.